Maurice Schumann: repères biographiques

Publié le par Christian Hocq

Attention à

ne pas confondre avec Robert Schuman!...
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-Né le 10 avril 1911 à Paris, place Victor Hugo .
Prénom officiel: Jacques.
(Maurice est le prénom de son grand-père maternel
décédé le jour de sa naissance, 
d'où son prénom d'usage Maurice) .

3è enfant de Julien SCHUMANN,commerçant
de corsets qu'il fabriquait , 
et de Thérèse MICHEL, née belge, fille d'un médecin de Namur. 
A sa naissance,son frère aîné, Robert, avait 7 ans
et sa soeur, Jeanne, 6.

-Beaucoup plus influencé qu'eux par sa gouvernante et institutrice,
Mlle Limanton, 
politiquement de droite,  catholique très pratiquante, 
alors que son père était un Juif très libéral et sa mère irreligieuse. 
Se serait "converti de coeur" au catholicisme
au plus tôt à l'âge de 7 ans 
(selon une de ses filleules, Marie-Charlotte Hespel)
au plus tard à l'adolescence  sous l'influence de Maritain 
( selon son dernier gendre, Robert Albouker).
Rôle déterminant dans son évolution spirituelle du père Brodeur, oratorien,
qu'il a rencontré  pour la première fois, vers l'âge de sept ans,
à l'école Gerson
( située près de l'appartement de la place Victor Hugo -1 avenue Bugeaud, dans le 16è arrondissement, où les Schumann ont habité jusqu'en 1941).
- est scolarisé, à partir de la 8è, au lycée Janson de Sailly.


-Adhère, en 1927, à la la Ligue d'Action universitaire républicaine et socialiste (LAURS) dirigée par Pierre Mendès France.
ll est élu en novembre 1928, et réélu un an plus tard,
au comité directeur de sa section parisienne.
Il rejoint  les Etudiants socialistes-à 17 ans-
puis adhère en 1928 à la 16è section de Paris de la SFIO (parti socialiste).
Y rencontre Thérèse Pereyra,la seconde femme de Léon Blum, qui le présente au leader socialiste. Les deux hommes se lient d'amitié.

-1928-1930. Suit les cours d'Alain en classes prépa, au lycée Henri IV. 
Y fait la connaissance de Simone Weil et de Jacques Soustelle...
-Rencontre Marc Sangnier pour la première fois le 11 novembre 1930
-Licencié ès lettres à la Sorbonne en 1931.
-Renonce à intégrer  l'Ecole Normale supérieure
après avoir échoué-de très peu- au concours d'entrée en 1931.
Il était classé 35è, 31 ayant été reçus 
(dont Georges Pompidou reçu 8è) .
De graves problèmes de santé (tuberculose) expliquent aussi cette décision. Son père le place dans un sanatorium.

-Se rend pour la première fois dans le Nord en janvier 1932 
pour tenir une conférence pacifiste à Armentières 
comme délégué du Comité central de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH).

-Devient journaliste,
entrant à l'agence Havas
(branche information) en mai 1932.

Embauché par Léon Rollin, qui y a réorganisé les services étrangers
en 1931.
-Au terme d'un apprentissage de quelques mois, 
l'agence Havas l'envoie en poste à son bureau de Londres, 
dirigé par Paul-Louis Bret, où il reste deux ans. 
-Rencontre pour la première fois Pierre Maillaud (Bourdan)
le 2 janvier 1933.
-Retourne -à sa demande -travailler au siège parisien de l'Agence 
en février 1935.

-Est envoyé par l'Agence couvrir le voyage d'Anthony Eden 
à Berlin, Moscou, 
Varsovie et Prague (mars-avril 1935).


-La même année 1935, rejoint le mouvement  la Jeune République 
( l'aile gauche de la démocratie d'inspiration chrétienne).
 
Participe au défilé du 14 juillet 1935 pour la constitution
d'un Front populaire.
Collabore à partir d'octobre 1934, à l'hebdomadaire La Lumière
revue fondée en 1927 par  le socialiste Georges BORIS et dirigée par lui.
Il y signe sous le pseudonyme de Stéphane Turrin.

-Collabore régulièrement, à partir de février 1936,
à l'hebdomadaire dominicain Sept. 
Y signe, le plus souvent, sous le pseudonyme de Maurice Jacques.
Y fait la connaissance de François Mauriac.

-Soutient Paul Reynaud aux Législatives du printemps 1936, 
bien que ce candidat ne bénéficie pas du soutien affiché de la J.R. 

-Arrange une entrevue secrète en mai 1936 entre Léon Blum,
sorti vainqueur des Législatives, et le chanoine Lalande,
de l'archevêché de Paris. 
Sert ainsi d'intermédiaire entre le leader socialiste
et l'archevêché catholique.

Membre de la commission exécutive de La Jeune République.
-participe, comme Simone Weil, à des meetings en faveur de la République espagnole organisés par le Secours international antifasciste. 
Assiste, en novembre 1936, aux funérailles de Roger Salengro.

-Rencontre, pour la première fois en 1937,
le cardinal Pacelli (le futur Pie XII),
lors de la consécration de la basilique de Lisieux,
que Maurice Schumann couvre pour l'agence Havas. 

-Participe régulièrement, de février 1937 à janvier 1940, 
à la revue dominicaine La Vie intellectuelle.
-Léon Blum lui accorde , dans Sept, en février 1937,
sa seule interview de l'année
(  Léon Blum y affirme possible une collaboration 
entre les catholiques français et le Gouvernement du Front populaire).
-Après que Sept ait dû cesser de paraître (août 1937), 
Maurice Schumann collabore à l'hebdomadaire
qui prend sa suite à partir de novembre, 
Temps Présent, sous le pseudonyme , cette fois, d'André Sidobre.
Il en est un des éditorialistes.
Y rencontre régulièrement Jacques MARITAIN,
directeur- officieux-
de la revue...

-Rédige aussi quelques articles 
pour les revues L'Europe nouvelle,
 Les Nouvelles littéraires et L'Allemagne contemporaine.
 
- écrit  plusieurs articles , y compris en première page,
dans le journal La Jeune République, 
l'organe du mouvement qui porte le même nom .

-revoit ,en mai 1938, le cardinal Pacelli lors du congrès eucharistique
de Budapest, qu'il couvre pour Havas.
-Participe, le 12 novembre 1938, à la création des Nouvelles Equipes Françaises (NEF) créées par Francisque Gay, directeur du quotidien l'aube.

-Rédige aux lendemains des accords de Munich,
Le Germanisme en marche
brochure de 48  pages préfacée par François Mauriac. 
Collabore aussi à deux livres collectifs,
 La France veut la liberté,Plon, 1938 
et  la Tchécoslovaquie devant notre conscience et devant l'histoire,
éd. de l'aube, 1938.
Cependant, M
aurice Schumann n'a jamais collaboré
au quotidien l'aube avant 1944.

-S'exprime pour la première fois à la radio quand les Jeunesses de l'Empire français (J.E.F.) sont créées, le 30 novembre 1938,
 par le fils d'Edouard Daladier, Jean. A cette occasion,
Maurice Schumann passe avec lui à Radio Tour Eiffel.

-Rédige une autre brochure d'une cinquantaine de pages, Mussolini (1939), 
publiée au lendemain de l'invasion de l'Albanie par l'Italie fasciste.
-Assiste, en mai 1939, au congrès eucharistique d'Alger
pour l'agence Havas. 
Premier voyage ainsi en Afrique du nord. La police refuse qu'il y visite un camp de réfugiés espagnols...

-Milite avant-guerre dans les rangs de la fédération CFTC de la presse.

Bien que journaliste à l'agence Havas, tous les articles de Maurice Schumann ne sont pas signés de l'un de ses pseudonymes.
Certains, y compris en première page de La Jeune République,
sont signés Maurice Schumann.
(comme, par exemple,l'article "Y a t'il un Front populaire international?" -
paru dans La Jeune République du 23 août 1936
.)


-Quand la guerre éclate, bien que réformé en raison de son hémoptysie, 
Maurice Schumann se porte volontaire.
Il achève sa carrière à Havas en octobre 1939.

Il est affecté, en novembre, dans le service auxiliaire, puis, 
à sa demande pressante, au service armé.

-Le 18 juin 1940, entend, à Niort, la fin de l'appel du général de Gaulle. 
Embarque le 21 juin à St Jean de Luz et débarque en Angleterre le 28. 
Grâce à Gervil Frehache, un ancien collègue de l'agence Havas, 
il obtient l'adresse du Général.
Le 30 juin, il rencontre de Gaulle pour la première fois 
au n°130 de St Sphen's House.
(Il  l'avait seulement entrevu, à la fin 1936, au domicile de Daniel Rops).

-Rédige un premier essai pour la BBC à la suite du drame de Mers el Kébir 
 le 5 juillet.
-De Gaulle apprécie sa voix et lui propose le lendemain d'en faire son porte-parole .


 
( Maurice Schumann en janvier 1945)

 

-A partir du 18 juillet 1940, Maurice Schumann s'exprime régulièrement
à la BBC- presque- tous les soirs cinq minutes,

à 20.25 ou 21.25,  dans le cadre de l'émission de la France libre.
Comme elle commence, au bout de quelques jours,
par l'annonce Honneur et Patrie, elle prend ce titre fin août.
Elle est -parfois-rediffusée, à partir du 9 décembre 1940, dans le bulletin d'infos de midi.
S'exprime, en tout, environ 1100 fois , sur les ondes de la BBC,
pendant la guerre.


Attention! Maurice Schumann n'appartient pas
à l'équipe  de l'émission appelée,
à partir du 6 septembre 1940 ,"Les Français parlent aux Français",
 
qui suit son intervention, à 20.30. 
C'est seulement en mai 1944 que les deux émissions fusionnent.
A la différence par exemple de Pierre Bourdan,son ancien collègue de l'agence Havas, 
Maurice Schumann n'est donc pas salarié de la BBC. 
Il reçoit une solde militaire de la France libre, installée à partir du 25 juillet 1940, à Carlton Gardens, au n°4.
-L'Action française fustige, dès mars 1941, Maurice Schumann comme
 "l'aboyeur anglo-juif"...
Jean Hérold Paquis  lui consacre son éditorial du 13 mai 1943
où il le traite de "Juif haineux et lâche".

-Appartient au Comité éxécutif de propagande (CEP) créé le 1er avril 1942 pour diriger la propagande politique française à la radio.

-Baptisé le 2 mai 1942, à Birmingham, 
deux ans après la mort de son père.

-Collabore, sous le pseudonyme d'André Sidobre, 
à la revue Volontaire pour une cité chrétienne de 1941 à 1944.
Il signe de la même façon les quelques articles donnés en 1942 et 1943 à La Marseillaise, l"'hedomadaire de la France au combat". 
 
-Une fois de Gaulle installé à Alger (fin mai 1943), reste en poste à Londres
 (sauf à deux reprises:
du 29 mai au 27 juillet 1943 où Pierre Brossolette le remplace à la BBC
et en novembre 1943 où il est remplacé par Pierre-Olivier Lapie.)

-Est une des rares personnes à assister à l'enterrement de son amie
Simone Weil en août 1943.

-"Sommet de la Guerre des ondes", lors de la bataille du maquis des Glières (février-mars 1944). Polémique avec Philippe Henriot...

-Quitte Londres à sa demande le 30 mai 1944, pour incorporer  
la 5è division britannique qui participe au débarquement en Normandie.

-Débarque le 6 juin 1944 sur la plage d'Asnelles.
-Livre sa première dépêche de Normandie le 9 juin.
-Va saluer de Gaulle dès le débarquement de celui-ci le 14 juin
à Courseulles
et l'accompagne à Bayeux.

-Ne saute pas en parachute en Bretagne dans la nuit du 4 août 1944 .
Polémique à ce sujet, en octobre 1946, avec le colonel Passy.
Y a gagné  le surnom, par dérision, de "parachutiste"...
Depuis, quand une position de Maurice Schumann suscitera une irritation,cette histoire reviendra souvent à la surface....
 
-Participe à la libération de Caen. 
Rejoint la 2è DB du général Leclerc à partir du 6 août 1944.
Participe en son sein à la campagne de France  à la libération de Paris et à celle de la Lorraine. 
Cité à l'ordre de la 2è DB par le général Leclerc comme
"officier énergique et brave".

-Désigné directeur politique et éditorialiste du quotidien l'aube 
dont Francisque Gay reste le directeur administratif.
Si le journal reparaît en août 1944, Maurice Schumann y signe
des éditoriaux
presque tous les jours à partir du 25 novembre.
Il y signe son dernier éditorial le 30 juillet 1951, 
l'aube sortant son dernier numéro le 20 octobre de la même année . 
Au total, Maurice Schumann a rédigé plus de 1100 articles
ou éditoriaux pour l'aube.

-désigné par l'Ordre de la Libération,
membre de l'Assemblée consultative provisoire le 8 novembre 1944. 
Commence ainsi une carrière parlementaire longue d'un demi-siècle.

-Epouse, le 13 novembre 1944, Lucie DANIEL.
Le couple s'installe boulevard Lyautey dans le 16 è arrondissement,
(Porte d'Auteuil). Il aura trois filles:
Christine, née en 1945 (épouse BOEL),
Laurence née en 1948 (épouse HECKSCHER) 
et Béatrice née en 1951 (épouse ALBOUKER).

-Elu, sur proposition de Georges Bidault, 
président national du MRP 
au congrès constitutif du Mouvement républicain populaire qui se tient les 25 et 26 novembre 1944.
( Maurice Schumann présidera le MRP jusqu'en mai 1949).
-Soutient le plan de rigueur monétaire proposé par Pierre Mendès France 
et refusé par de Gaulle.

-Première rencontre avec Edmond Michelet le 6 mai 1945,

à sa sortie du camp de Dachau.

-Est décoré, par le général de Gaulle, Compagnon de la Libération
le 14 juillet 1945.

-reprend sa carte CFTC en 1945.

 

M.SCHUMANNElu pour la première fois en octobre 1945, député  du Nord, 
de la 2è circonscription, celle de l'arrondissement de Lille.

Réélu ensuite régulièrement député MRP, au scrutin proportionnel de liste, 
aux Législatives de juin et novembre 1946, de juin 1951 et de janvier 1956.

-préside, près d'un an, le groupe parlementaire du MRP
(octobre 1945-juin1946).

-Vit douloureusement le départ du général de Gaulle en janvier 1946
et échoue à le faire revenir sur sa décision. 
-Tente-en vain- d'inscrire la liberté d'enseignement dans la constitution
de 1946.
-Refuse en 1947 de rejoindre le RPF
que Maurice Schumann a toujours combattu. 
 (De Gaulle tient alors des propos privés parfois très durs
sur Maurice Schumann.)

-Rencontre Gandhi en octobre 1947.

-
Entre, pour la première fois, dans un gouvernement en août 1951, 
comme secrétaire d'Etat aux Affaires
étrangères. 
Occupe près de trois ans  ce poste jusqu'en juin 1954

dans cinq gouvernements successifs 
(ceux de René Pleven, Edgar Faure, Antoine Pinay,
René Mayer et Joseph Laniel).  
-Dans les trois premiers, d'août 1951 à janvier 1953, 
son ministre de tutelle est le MRP Robert Schuman.
Maurice Schumann s'occupe surtout des protectorats d'Afrique du nord.
François Mauriac le surnomme par dérision "le tunisien"
après la  répression  du mouvement nationaliste tunisien
au Cap Bon
( qui fait plus de 200 morts civils entre le 28 janvier et 1er février 1952).
-Dans les deux derniers, de janvier 1953 à juin 1954,
c'est le MRP Georges Bidault son ministre de tutelle.
Milite alors pour la CECA et pour le projet de la CED...

-
Conseiller municipal de Lille de 1953 à 1955.

-Participe à l'expédition de Suez en novembre 1956
comme officier de liaison.
A cette occasion, reprend la parole à la radio contre Nasser
comme responsable français des émissions de Radio Chypre,
La Voix des forces alliées...


-
 Préside près de dix ans,  d'octobre 1957 à mars 1967,
 la commission des Affaires étrangères  de l'Assemblée nationale
à laquelle il appartenait depuis la Libération. (à la seule exception   du 27 avril au 9 octobre 1962
)


-Se réjouit du retour de de Gaulle au pouvoir en juin 1958.

-
De novembre 1958 à mars 1973, il reste député du Nord, 
mais  le changement de république entraîne

celui du mode de scrutin et des circonscriptions.
 Maurice Schumann est désormais l'élu de la 10 è, 
qui correspond- à l'époque- 
à la vallée de la Lys, 
soit les trois cantons de Tourcoing-Nord, de Quesnoy sur Deûle 
et d'Armentières.


-Entré au magazine Réalités en septembre 1954,
il y dresse, presque chaque mois, le portrait d'hommes politiques 
ou y rédige une chronique de politique étrangère jusqu'en mai 1967.

-Collabore aussi , à partir de septembre 1954, à Forces nouvelles,
le bimensuel, devenu hebdomadaire en octobre 1955, du MRP.

-D'avril 1961 au printemps 1962, le journaliste Michel Droit réalise avec Maurice Schumann l'émission télévisée Faisons le point .
(Celle-ci  présente, désormais une fois par quinzaine
, une analyse des événements politiques.)

 -Entre au gouvernement Pompidou du 4 avril 1962
avec quatre autres MRP. 
A la charge de l'Aménagement du territoire.
Mais en démissionne un mois plus tard avec ses collègues centristes, 
au lendemain la conférence de presse du Général fustigeant les partisans 
d'une Europe fédérale.


- A la différence de 50 députés MRP-sur 57-,
Maurice Schumann ne censure pas 
le gouvernement Pompidou le 4 octobre 1962 
car il est pour l'élection du Président au suffrage universel direct
Vote donc oui au référendum d'octobre 1962. 
Aux Législatives anticipées de novembre, s'il n'a plus, désormais, 
de candidat gaulliste contre lui, 
il obtient l'investiture du MRP, cette fois, avec beaucoup de difficulté... 

-Après le décès de son suppléant, le MRP Paul DELMOTTE,
il le remplace, en 1965, 
comme conseiller général du canton de Tourcoing-Nord.
Il y reste près de deux ans. 


-


-Après la scission de la CFTC en 1964,

Maurice Schumann appartient au syndicat des journalistes français CFDT.

-Maurice Schumann n'a jamais appartenu à l'UNR.
Mais il déclare publiquement  avant le premier tour 
des Présidentielles de décembre 1965, voter de Gaulle, 
bien que le MRP -y compris sa fédération du Nord-
ait investi Lecanuet...

-débat à la télévision avec Mendès France le 5 décembre 1966.

-A l'issue des Législatives de mars 1967, rejoint le
mouvement des Démocrates Vè République, créé et présidé par l'ex-MRP Marie-Madeleine DIENESCH. 
Comme elle, Maurice Schumann s'apparente, pour la
première fois,
 le 3 avril 1967, au groupe gaulliste
( appelé alors UD Vè ).

-Devient ministre du général de Gaulle le 16 avril 1967,
ministre d'Etat,
 
chargé de la recherche scientifique et des questions atomiques 
et spatiales
.

Cesse alors sa collaboration à la revue Réalités.

-Défile pour soutenir de Gaulle le 30 mai 1968 sur les Champs Elysées, 
avec Michel Debré et André Malraux (et le lendemain à Lille).

-reste le 31 mai 1968 ministre d'Etat, mais chargé désormais
des Affaires sociales.

A aussi la charge de la santé où il est secondé, à partir de juillet 1968, 
par Marie-Madeleine Dienesch.
-revoit, pour la dernière fois, le général de Gaulle en avril 1969, trois jours avant le référendum du 27.

 

 

14 juillet 1968



(Maurice Schumann et Charles de Gaulle, 14 juillet 1968)

 

-Soutient dès le premier tour des Présidentielles de 1969, la candidature de Georges Pompidou, bien que son concurrent Alain Poher ait appartenu au MRP.  
Ministre des Affaires étrangères du  nouveau Président Pompidou 
du 22 juin 1969 au 15 mars 1973
.
C'est  son "bâton de Maréchal"
comme il aime à répéter...

-Conseiller municipal de Comines (Nord) de 1971 à 1977.
 
-Battu aux Législatives le 11 mars 1973 par le maire socialiste d'Armentières, Gérard Haesebroeck,
son rival depuis les Législatives de 1962.

Démissionne du gouvernement le 15 mars.
Fin de sa carrière de député et de ministre...

-Douloureuse traversée du désert,
(même s'il  préside à partir de 1973 la Fondation de France)...
...mais de courte durée:
-parrainé par Maurice Druon et René Huyghe,
il est élu à l'Académie française en mars 1974 ,
puis  sénateur du Nord le 22 septembre,
sur une liste gaulliste (UDR) .
Il devient ipso facto conseiller régional du Nord-Pas de Calais.

Avait soutenu la candidature de Jacques CHABAN DELMAS
aux Présidentielles de 1974.

-Quand il entre au Sénat, il reste apparenté seulement au groupe UDR, 
présidé par Pierre CAROUS.
 Mais, il adhère au RPR dès sa fondation, en décembre 1976. 
Il appartient  désormais à part entière
-et non plus comme apparenté- 
au groupe
gaulliste du Sénat quand il est réorganisé en 1977.


-Devient, en 1979, président de l'Association des écrivains catholiques, 
après que son livre Angoisse et certitude (Flammarion, 1978) 
ait reçu le grand prix catholique de littérature.
A présidé cette association jusqu'à sa mort...
Avait fait graver, sur son épée d'académicien, un petit motif 
représentant quatre clous disposés en croix et
au centre une petite couronne d'épines...

-Réélu, à deux reprises, sénateur RPR du Nord en septembre 1983
et en septembre 1992.
-Elu un des vice-présidents du Sénat le 5 octobre 1977 
( et le reste jusqu'au 5 octobre 1983).
Y préside aussi la commission des Affaires culturelles de 1986 à 1995.

-Achète, pour la première fois, un appartement dans le Nord 
(rue Jean Jaurès,à Tourcoing ) en 1975
.

-Collabore régulièrement, des années 1980 jusqu'à sa mort, 
au mensuel
 La Revue des deux mondes.


-Elu aussi, à partir de 1986 au suffrage universel, au conseil régional 
du Nord-Pas de Calais
(auquel il appartenait depuis 1974) . 
Réélu en 1992. Assiste ainsi à l'élection mouvementée de la Verte
 Marie-Christine BLANDIN à la présidence de ce conseil dans la nuit
du 31 mars 1992.
Bien que toujours membre de l'opposition, y préside  la commission chargée du budget et des finances.

-Aux assises du Bourget du RPR (1990),
ne fait partie 
ni des chiraquiens les plus inconditionnels (Juppé),
ni des gaullistes critiquant Chirac (Pasqua, Séguin).
Préfère rejoindre  le courant très minoritaire créé en septembre 1989,
Vitalité, Imagination, Ecologie
dirigé par le gaulliste de gauche Philippe Dechartre et par Michel Noir.
Soutient la candidature de Jacques CHIRAC aux Présidentielles
de 1981, à celles de 1988 et à celles de 1995, 
(où il s'oppose d'emblée à la candidature de Balladur).

-Préside, à partir de 1984, le collège des conservateurs du domaine
de Chantilly.

-Vote non au référendum portant sur le traité de Maastricht (1992)
qu'il analyse comme une régression sociale .

-Est le seul homme politique invité le 25 août 1994 
par le cardinal LUSTIGER 
à prendre la parole à la messe célébrée à la cathédrale Notre Dame 
à l'occasion du 50è anniversaire de la libération de Paris.

-Nommé, en novembre 1995, Vice-président du Haut conseil de la francophonie 
par le nouveau Président Chirac. 
-Prononce un discours sur Malraux lors du transfert de ses cendres, le 23 novembre 1996.
-Meurt à l'hôpital des Invalides dans la nuit du 9 au 10 février 1998.
  
-Enterré au cimetière d'Asnelles (Calvados) où il avait vu, le 6 juin 1944, 
mourir sous ses yeux, 35 soldats débarquant avec lui.
 
Un seul titre  est inscrit sur sa tombe:
"Compagnon de la Libération".

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