Citations de Maurice Schumann

Publié le par Christian Hocq

[Ces citations ne prétendent pas exprimer la totalité de la pensée de Maurice Schumann et son évolution.]


Qu'aurais-je été
si Alain ne m'avait appris à douter,
Simone Weil à croire, 
Marc Sangnier à aimer 
et de Gaulle à combattre
?

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Avant-guerre...

" Le Rassemblement populaire est exactement
ce que Gustav Schmoller appelait 
"un rappel de la conscience historique".
En présence des émeutes de février 1934, 
de la constitution et du développement des ligues paramilitaires
à tendances fascistes, 
le peuple français a eu la sensation physique qu'on voulait abolir 150 ans de son histoire 
et le peuple français a dit: "Non!"
Sursaut de la conscience historique!  Il n'est pas de force plus puissante. 
Il n'en est pas non plus de plus fragile
."

(extraits de l'article Y a t'il un Front populaire international? 
paru dans La Jeune République du 23 août 1936)
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"La démocratie parlementaire est cette harmonie sans cesse troublée 
entre une égalité toujours imparfaite 
et des libertés toujours fragmentaires (..)

La République démocratique est en somme, sans larmes et sans embrassades,
une nuit du 4 août qui ne finit point."


( Conclusion de l'article Liberté 
écrit dans l'ouvrage collectif La France veut la Liberté, Plon,1938, 
cité dans Jeune République des 4 et 11 septembre 1938)
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"Plus on redoute l'épreuve de force,
plus on se condamne à l'affronter,
plus on se montrera lâche devant le risque de guerre,
plus on accroîtra les chances de la guerre."

(Extrait de l'article "L'épreuve de force" 
paru dans La Vie intellectuelle du 25 janvier 1939)
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Pendant la Seconde Guerre mondiale...

"Le gouvernement de Vichy est conduit, par la logique même
de sa politique, 
à tomber de plus en plus 
sous la domination de ses maîtres étrangers. (..)
Comment voudriez-vous que ce gouvernement,
vaincu parce qu'il a accepté sa défaite, 
désarmé parce qu'il a consenti à rendre ses armes, 
ligoté par les liens mêmes qu'il a tressés, 
pût songer une minute à résister aux exigences de l'Allemagne?"


(Extraits de la première émission de Maurice Schumann à la BBC, le 9 juillet 1940. 
Son texte est lu par Jacques Duchesne)
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"A l'heure où Hitler piétine le corps mutilé de la France,
à l'heure où l'envahisseur (..) prétend faire des Français
les complices de leur propre esclavage,
il importe qu'une voix s'élève au nom de la France.
Une fois de plus, cette voix sera celle des Forces françaises libres...
(..)
Nous tenons pour sacrilège toute association, directe ou indirecte,
de la France à son ennemi mortel".


(Extraits de l'émission Honneur et Patrie du 26 octobre 1940, 
après Montoire)
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"Comment oublierions-nous que la France ne serait pas la France (..) 
si l'éternelle Antigone, face à l'éternel Créon, 
n'avait pas proclamé l'invincible suprématie de la loi morale
sur la violence aveugle?"


(Extraits de l'émission Honneur et Patrie du 29 octobre 1940)
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"Quand l'Allemand s'installe en France, Vichy lui promet sa "collaboration". (..) 
Mais quand des Français ¨(..) décident de se soustraire
aux convoitises avouées de l'ennemi, 
alors les hommes de Vichy trouvent soudain pour tirer sur ces Français
 les armes qu'ils n'avaient pas su trouver pour tirer sur les Allemands 
et envoient à la mort-contre leurs propres compatriotes-
ces mêmes marins, ces mêmes soldats
auxquels ils avaient interdit de faire feu sur l'ennemi.
Oui! Les hommes de la capitulation sont aussi les hommes
de la guerre civile."


(Extraits de l'émission Honneur et Patrie du 10 novembre 1940, 
après le ralliement du Gabon à la France libre)
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" Dans cette guerre, la neutralité est impossible. 
On n'est pas neutre devant le mal, 
on n'est pas neutre devant le crime, 
on n'est pas neutre devant soi-même.
(..) 
Le peuple le plus sain peut être poignardé dans le dos par une fausse élite de lâches et de corrompus.
Mais le peuple reste sain, la nation reste elle-même 
et le jour vient où par le sacrifice obscur des plus humbles,
 
la patrie se sauve, la patrie est sauvée."

(Extraits de l'émission Honneur et Patrie du 27 mars 1941)
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"Ainsi, la gloire d'un soldat fidèle est d'incarner sa patrie,
malheureuse et vivante.
C'est pourquoi nous le suivrons jusqu'au bout.
Et c'est aussi pourquoi, quand il leur demande le suprême sacrifice, 
les volontaires de la libération ne tombent pas en prononçant son nom, 
mais en prononçant le nom de la France."


(Conclusion de l'émission Honneur et Patrie du 10 avril 1941)
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Les Français savent que l'Ordre nouveau est impossible à édifier
et à concevoir sans la victoire.
Pourquoi? 
Parce que l'Ordre Nouveau, c'est la proclamation des droits sacrés
de la personne humaine.
Pourquoi?
Parce que l'Ordre Nouveau, c'est l'abolition des distinctions
fondées sur la race,
la religion, la naissance, 
les opinions ou l'argent."


(extraits de l'émission Honneur et Patrie du 1er mai 1941) 
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"Quand, le jour de la fête de St Pierre, on vient vous dire
que Hitler a jeté 120 divisions sur la Russie pour restaurer les autels
et "par amour du Christ",
vous ne prenez même pas la peine de crier au blasphème,
vous vous contentez d'un sursaut d'indignation ou de dégoût.
Ce sursaut, il nous appartient de le justifier en votre nom.
Est-ce par amour du Christ que le 30 juin 1934, Hitler a fait massacrer
 les chefs de la jeunesse catholique allemande,
avant de jeter en prison le pasteur Niemöller et
l'élite de l'Eglise protestante?
Est-ce par amour du Christ que, dans le seul diocèse de Poznan,
en Pologne, les Allemands ont exécuté sur une place publique le président national des Jeunesses catholiques,
fusillé 5 prêtres, arrêté 217 ministres du culte dont 11 sont morts en prison et 11 autres sont mutilés par suite des tortures qui leur furent infligées?
(..)
Est-ce par amour du Christ que Hitler déclarait naguère à Rauschning:
"On est ou bien chrétien, ou bien Allemand,
mais on ne peut pas être les deux à la fois".
Est ce par amour du Christ que les jeunes nazis défilent en chantant:
"Que le Christ crève, que la Jeunesse hitlérienne aille de l'avant!"?
Est-ce par amour du Christ que la cathédrale de Strasbourg est profanée
par des mascarades néopaïennes?

Est-ce par amour du Christ enfin, ce massacre des innocents,
cette chasse aux esclaves, cette razzia des hommes, des villes et des nations qui, depuis des années, ensanglante, affame ou dépeuple
tous les foyers d'Europe?
Ce fléau de Dieu, est-ce par amour du Christ?
Ah! s'il plaît à l'ennemi et à ses collaborateurs de porter la guerre sur le plan spirituel,
avec quelle hâte nous relèverons son défi!
(..)
Nous les avons reçus, les quatre sacrements de cette croisade.
Ce sont les quatre
libertés humaines que Roosevelt définissait dans son message du 20 janvier, et pour lesquelles nous nous battrons:
-liberté de parole et d'expression partout dans le monde,
-liberté, pour chaque personne, d'adorer Dieu selon sa conscience,
partout dans le monde,
-liberté de vivre à l'abri de la misère et du besoin, partout dans le monde,
-et enfin, liberté de vivre à l'abri de la crainte,
dans une communauté de pays,
dont aucun ne pourra plus se risquer à agresser son prochain,
nulle part dans le monde."


(Extraits et conclusion de l'émission  Honneur et Patrie du 29 juin 1941)
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"Il n'y a ni circonstances atténuantes, ni pardon
pour ceux qui ont donné l'ordre CONSCIENT d'assassiner leurs frères,
de faire feu sur la France...
Dans aucun des autres pays envahis, pareil spectacle ne serait possible.
En Hollande comme en Norvège, en Pologne comme en Belgique (..),
les Allemands sont obligés d'assassiner eux-mêmes.
Il a fallu que le champignon de Vichy poussât sur la pourriture du désastre pour que, parmi leurs victimes, les bourreaux hitlériens pussent recruter des aides-bourreaux.
Certes, la France (..) ne saurait être atteinte par la déchéance
de quelques scélérats qui ont enfin trouvé la véritable formule
de la collaboration:
"la terreur pour l'ennemi".
Mais le châtiment qu'ils attirent sur la tête n'en doit être
que plus implacable.
Nous avons et nous garderons les noms et les fiches de tous ceux qui
-mouchards, juges indignes ou soldats déshonorés- se sont condamnés
à mort en prêtant la main à la mort d'un patriote.
Que l'avertissement ne soit pas oublié de ceux dont il peut sauver
la conscience...et leur tête."


(Extraits de l'émission  Honneur et Patrie 
 prononcée le 1er septembre 1941 après que le régime de Vichy ait fait exécuter des patriotes, communistes)
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"Ce renouvellement -auquel nous pensons tous
et que nous préparons tous-
nous l'accomplirons, tous ensemble, dans la liberté et pour la liberté (..)
Mais la liberté, ce n'est pas seulement le droit de vivre à l'abri
de la tyrannie, dans une communauté nationale retrempée par l'épreuve.(..) La liberté, ce n'est pas seulement le droit de vivre à l'abri de l'agression, dans une communauté internationale organisée par la victoire.
La liberté, c'est aussi le droit de vivre à l'abri du besoin.
(..)
Il faut qu'un jour (..) les possibilités indéfinies de l'âge mécanique 
soient mises au service de l'homme, et non plus de la destruction ou de l'exploitation de l'homme par l'homme.
(..)
La Jeune France, dont les membres sont déchirés mais dont l'âme ne fut jamais plus unie, sait ce qu'elle veut et ne le veut pas à moitié,
elle veut une victoire qui soit la bonne,
c'est à dire non seulement la victoire du Bien,
mais la victoire du Bien-être."


(Extraits et conclusion de l'émission Honneur et Patrie du 10 janvier 1942)
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" Les derniers mots de Gabriel Péri furent les mêmes que les derniers mots 
du lieutenant de vaisseau d'Estienne d'Orves.
 L'un fut, et restera jusqu'au terme, communiste et incroyant 
(ou, du moins, le pensait-il 
car il en est qui se croient dehors et qui sont dedans, 
comme il en est qui se croient dedans et qui sont dehors);
l'autre était et resta jusqu'au terme, royaliste et catholique.
Aucun des deux ne renia rien de son passé ni de lui-même.
Mais quand le moment vint d'aller regarder la mitraille allemande en face,
 tous deux (..) tracèrent  spontanément le même testament:
"Je me sens  très fort pour affronter la mort ! Adieu et que vive la France!"
Leurs raisons de vivre avaient été différentes, opposées.
Le même mot pourtant les résumait et, du même coup,
leur donnait la force de mourir: 
France."


(extraits de l'émission Honneur et Patrie du 7 mars 1942)
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"Quand l'ennemi assassine des Belges, des Hollandais, des Polonais
ou des Tchèques,
il accomplit lui-même son ignoble besogne.
Quand il assassine des Français, 
Vichy les lui désigne du doigt."


(Extraits de l'émission Honneur et Patrie du 23 mai 1942)
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" "Je souhaite la victoire de l'Allemagne". Avant même d'avoir prononcé cette phrase, 
Laval s'était exclu de la France. 
Avant même d'avoir prononcé cette phrase, Laval s'était condamné à mort.
(..)
Jusqu'à présent, on n'avait jamais vu dans l'histoire 
un Judas doublé d'un maître chanteur et triplé d'un négrier."


(Extraits de l'émission Honneur et Patrie du 22 juin 1942)
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" "S'il y a un défaitisme national, il y a aussi un défaitisme chrétien": 
la formule est d'un prélat, d'un grand prélat, le cardinal Van Roey,
primat de Belgique..."

(Ainsi commence  l'émission Honneur et Patrie du 2 août 1942)
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"La France qui-depuis le prétendu armistice qu'elle n'a jamais reconnu-
n'a pas un seul jour abandonné la lutte contre l'envahisseur,
est aujourd'hui en guerre ouverte avec l'Anti-France de Vichy. "


(Extraits de l'émission Honneur et Patrie du 17 octobre 1942)
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"Chrétiens,socialistes ou communistes, prêtres ou militants, qu'importe?
Le principe de leur union par delà les opinions et les convictions philosophiques ou religieuses,
c'est vous, vous qui l'avez défini: France d'abord! "


(Extraits de l'émission Honneur et Patrie du 24 octobre 1943)
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"Aucune révolte ne vaut celle des hommes qui s'était juré d'obéir."

(Extrait de l'article "Les Limiers de la gloire",
 paru dans la revue Temps Présent du 1er septembre 1944)
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"La Démocratie française est un Ordre qui a pris pour règle la Liberté.
La Règle est là, intacte quoi qu'il arrive.
Mais l'Ordre attend ses moines."


(F
in de l'éditorial "Pour la révolution démocratique" 
paru dans l'aube du 9 décembre 1944)
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"Nos trois armées-celles des soldats,celle des déportés et celle des morts- sont poignardées par la faiblesse et la lenteur des juges.
Mais, réciproquement, le châtiment sans loi et, plus grave encore, 
la détresse ou la mort 
fût-ce d'un seul innocent,
c'est pire qu'une revanche posthume de l'ennemi ou de Vichy.
C'est leur victoire MORALE.
La seule qui compte, en définitive, devant notre conscience et
devant Dieu."

(Fin de l'éditorial "Châtiez les traîtres! Fermez Drancy!", 
paru dans l'aube du 7 décembre 1944)
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"De Bordeaux à Vichy et de Montoire à Baden-Baden,

Pétain n'aura traîné que sa propre déchéance."

(Extraits de l'article "Solitude d'un déchu",
 paru dans l'aube du 16 décembre 1944)
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"Est-il un dessein plus élevé que de nourrir ceux qui ont faim, 
que de vêtir ceux qui sont nus?
 Je propose de la paix cette définition nouvelle:
le régime international qui, en cinq ans, sauvera
autant de vies humaines que, dans le même temps, 
en aura coûté la guerre."

(Conclusion de l'éditorial "La croisade du pain",
 paru dans l'aube du 20 décembre 1944)
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"Pourquoi faut-il que la tourmente unisse  tous les hommes
et toutes les femmes de France
en qui la pensée chrétienne et la tradition des Droits de l'Homme s'allient et se vivifient mutuellement?
Parce que rien ne symbolisera mieux le renouvellement profond
qui peut seul justifier
tant de souffrances subies et de sacrifices assumés.
(..)
Si nous entendons vraiment que la Grande Espérance soit à vue d'homme, 
alors faisons entrer les valeurs morales et spirituelles
par les DEUX PORTES de la cité.
Il est temps que l'amour devienne une force."



(Extraits de l'éditorial "Par les deux portes",
 paru dans l'aube du 10 janvier 1945)
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"Pourquoi le mal est-il à la fois si puissant et si vain?
Pourquoi faut-il édifier la victoire sur tant de ruines
et le partager avec tant de morts?
répondons sans crainte:
par NOTRE faute. 
Nous n'avons pas péché par peur d'être injustes,
mais par peur d'être forts.
Car puissions-nous ne jamais l'oublier.
Nous aurions vaincu la guerre,
si nous n'avions pas eu peur de la guerre...
Il y a douze ans!"

(Conclusion de l'article "Anniversaire",
 paru dans l'aube du 31 janvier 1945)
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"On ne soulignera jamais assez cette évidence
qui n'apparaîtra tout à fait qu'aux historiens:
si l'insurrection, d'abord latente puis ouverte, de la nation n'avait pas,
aux yeux du monde, 
destitué Vichy de l'autorité gouvernementale dont il se parait, 
la France eût été condamnée au destin d'une double vaincue,
d'abord PAR l'Allemagne et le Japon,
puis AVEC l'Allemagne et le Japon."


(Extraits de l'éditorial "Son propre mandataire", 
paru dans l'aube du 17 février 1945) 
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"Ce qu'il y a de plus triste, en vérité, dans le vocabulaire de la haine, 
c'est qu'il trahit une fatigue ou -pis encore-une paresse.
La haine peut être féconde quand il faut -hélas! -armer des bras.
Elle est stérile quand il faut rebâtir un pays ou un monde.
Alors les seuls gestes qui vaillent sont 
ceux qui "CONFIRMENT L'UNITE DE LA PATRIE COMMUNE".


(Fin de l'éditorial "A bas la haine! 
paru dans l'aube du 20 février 1945)
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"La censure est légitime et nécessaire 
quand elle est un instrument de défense nationale.
La censure est injustifiable et odieuse 
dès qu'elle devient un instrument de gouvernement.


(Ainsi commence l'article "Censure! Censure! quand tu nous tiens..." 
publié dans l'aube du 21 février 1945)
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"Premier soldat de la France Libre qui n'avais pas de fusil,
Premier marin de la France Libre qui n'avais pas de navire,
Premier aviateur de la France Libre qui n'avais pas de carlingue,
Premier volontaire de l'armée sans uniforme qui, peut-être,
n'avais même pas d'espoir,
la France présente les armes à votre solitude."

(Ainsi se termine la dernière émission radiophonique 
du porte-parole du général de Gaulle, le 8 mai 1945)
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"Pour que sa voix soit durablement entendue, 
encore faut-il que la Résistance s'unisse sur l'essentiel, 
au lieu de se diviser sur l'accessoire.
 (..)
Comment la démocratie pourrait-elle jouer si l'appétit des mandats
 se substitue à l'expression des idées?
Or- nous le savons par une dure expérience- la démocratie ne pèche
et ne s'affaiblit jamais 
que par la peur de s'affirmer tout à fait.
On n'aura pas le droit de dire que le gouvernement du peuple par le peuple est vraiment le régime
de la France, tant que l'institution du système de la représentation proportionnelle intégrale 
n'aura pas ruiné pour jamais la pratique des coalitions impures et confuses.
Telle fut la constante doctrine de notre famille sprirituelle,
dont la seule raison d'être est de vouloir obstinément combler le fossé 
qui sépare la politique de la morale.


(Extraits de l'article "Pas de clarté sans R.P." 
publié dans l'aube du 15 mai 1945)
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"Notre grande famille, [c'est] celle des démocrates
pour qui l'Esprit est à la fois 
antérieur à la matière 
et supérieur à la nature..."


(Extraits de l'article Fidélité paru dans l'aube du 25 août 1945)
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Après la guerre et sous la IV è République...


"Nous tenons et nous proclamons que le vingtième siècle doit garantir
en fait les libertés que le dix-neuvième avaient reconnues en droit.
A la liberté de l'enseignement  comme à la liberté syndicale,
en bref à toutes les libertés, qui nous apparaissent comme solidaires, 
nous appliquons la formule (..):
 "Une liberté privée des moyens de l'exercer est un leurre."


(
Extraits de l'article Liberté chérie? paru dans l'aube des 13-14 janvier 1946)
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" Né de la Résistance et dans la Résistance,
le M.R.P. fut dès l'origine et demeura jusqu'au bout le parti de la fidélité 
au Premier Résistant de France.
(..)
Aujourd'hui, c'est la décision de Charles de Gaulle  qui prive la France
du général de Gaulle.
Pour la première fois, nous sommes en désaccord avec lui. 
Car nous croyions qu'il était encore nécessaire au pays et à la liberté.
Au pays qu'il a tiré de l'abîme, mais dont il n'a pas guéri les souffrances.
 
A la liberté qu'il a restaurée, mais qu'il n'a pas abritée des périls.

A nos yeux cependant, le gaullisme n'est pas l'attachement à une personne.
Il est d'abord le refus de toutes les lâchetés et de tous les abandons.
Il est ensuite un acte de foi dans la renaissance française
par la fraternité des français.
Ce message, nous l'avons entendu dès la première minute.
Nous le servirons tant que nous vivrons.


(Déclaration radiodiffusée le soir de la démission de Charles de Gaulle, le 20 janvier 1946)
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"Faut-il perdre l'espoir de voir un jour Charles de Gaulle achever
de ses propres mains
 la grande besogne à laquelle il a attaché son nom?
Pour préserver  en nous cette lumière,
la première condition à remplir est de maintenir le contrat,
que de Gaulle lui-même a signé ,
entre la démocratie et la patrie, entre le peuple et la grandeur.
Toute autre attitude eût fait de lui ce qu'il ne veut pas,
ce qu'il ne peut pas être:
l'otage d'une des deux France, alors que sa raison d'être,
et peut-être de revenir, 
est d'empêcher qu'il y ait deux France."


(Extraits de l'éditorial "Fidèles au grand message"
 paru dans l'aube du 24 janvier 1946)
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"En Belgique comme en France, est engagée  la seule vraie bataille, 
celle dont la justice sociale est l'enjeu.
(..) Elle sera gagnée sans désordre et sans haine.
(..) Elle sera guidée par les forces et par les valeurs de l'Esprit,
sans lesquelles la personne humaine, sous couleur de conquérir la Justice,
se renierait elle-même en reniant sa Liberté."


(Fin de l'éditorial " Pour la justice sociale", 
paru dans l'aube du 19 février 1946)
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"Comment faire reculer la haine? 
Comment lui refuser l'accès d'un monde qui se cherche et semble
parfois s'acharner à sa propre perte?
C'en en répondant à cette question que nous demeurerons dignes des sacrifices dont nous sommes nés.

(..) 
Qu'est ce qui faisait la force irréversible des hommes et des femmes
dont la Résistance avait éveillé la vocation? Qu'est ce qui les rendait invincibles?
D'abord  que leur détermination était le résultat d'un choix entièrement libre.
 Ensuite que la réconciliation entre les diverses familles politiques et spirituelles du pays dont témoignait leur rencontre ne leur avait été imposée par rien ni par personne d'autre que les lois de la conscience individuelle et nationale.
Comment donc  leur demeurer fidèle sans croire aux vertus
de la liberté,
 sans repousser toutes les tentations de la servitude?
(..) Nous ne voulons pas de la "démocratie" fondée sur le parti unique,
le syndicat unique, le journal unique.
Nous croyons que la démocratie doit être, à l'image de la Résistance,
la recherche de l'union dans le respect de la diversité.
Et c'est par là, à cette hauteur, que nous nous distinguons du communisme, que nous nous opposons au communisme. 
Entre lui et nous, il n'y a pas la question sociale, à laquelle nous prétendons apporter des réponses plus audacieuses, plus neuves, plus efficaces que les siennes.
Entre lui et nous, il y a la liberté qu'il supprime sur son passage et que nous recréons ou sauvegardons sur le nôtre. Il y a les droits de la personne humaine.(...)
Puisse la France échapper à la séduction des extrêmes!


(Extraits d'un discours prononcé à Rodez, reproduit dans l'aube du 19 août 1947.) 
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"Du meurtre et du sacrifice, lequel sera le plus fort?
Dans l'immédiat, nous n'en pouvons rien savoir (..)
Le mahatma ne fût-il pas vaincu par son propre triomphe?
La "vivisection" des Indes, et la guerre civile, ne sont-elles
pas issues de la libération? 
Mais, à la longue, le sang de Gandhi accomplira le miracle que,
dans les derniers jours de sa vie, 
avait réussi son jeûne suprême.
Car les victoires de la violence calculée sur la non-violence obstinée
sont toujours apparentes et temporaires.
Le mahatma aura le dernier mot.


(Conclusion de l'éditorial "la violence flétrie" 
publié dans l'aube du 31 janvier 1948, 
après l'assassinat de Gandhi)
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"Il fut un temps où nous ne savions pas très bien ce que contenait
l'idée d'Europe:
 c'était le temps d'Aristide Briand, celui des espérances déçues.
Il fut un temps où nous savions trop bien à quoi servait le mot Europe:
c'était le temps d'Adolf Hitler, celui des escroqueries impudentes et déjouées.
Mais, aujourd'hui, l'Europe n'est pas seulement, ni d'abord, une idée. 
Elle est une communauté d'inquiétude, et même une communauté d'angoisse.
Son point de départ, sinon sa devise, pourrait être la sentence
de Paul Valéry:
"Nous autres, civilisations, nous avons désormais que nous sommes mortelles."
(..)
Si les pays occidentaux comprennent vraiment qu'ils doivent
se prêter un mutuel appui, 
leur effort ne peut s'assigner qu'un but:
LA MISE EN COMMUN DE LEURS RESSOURCES. 
Le reste est poésie ou nostalgie."


(Extraits de l'éditorial "Vers l'Europe", paru dans l'aube du 14 février 1948)
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"Il ne suffit pas que tous les totalitarismes soient parents
en quelque manière pour que le panslavisme soit un pangermanisme,
ni le communisme à l'image du nazisme.
(..)
Le panslavisme est , pour la Russie, un impérialisme défensif. (..)
Il ne porterait donc en lui la fatalité de la guerre que s'il trouvait
devant lui des champs ouverts (..) 
Mais que les champs soient gardés par une défense concertée, 
et Staline qui, lui, sait calculer les risques, condamnera l'issue
qu'il redoute."


(Extraits de l'éditorial "Qui nous ôtera la pierre?" 
paru dans l'aube des 28-29 mars 1948)
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" S'il est bon de gagner de remporter des succès électoraux (..),
c'est -sur le plan moral qui seul compte en définitive-
gagner une victoire plus difficile et plus profonde que de conquérir, 
fût-ce au prix des plus lourds sacrifices, droit de cité dans la République, pour les forces spirituelles.

(..)
Parce que le communisme est un attentat permanent
contre la personne humaine,
combattons-le sans relâche!
Mais parce que les communistes sont des personnes humaines,
ne les haïssons pas, 
si haineux qu'ils soient envers nous.
Parce que le général de Gaulle a gardé la France, conservons lui
notre gratitude et notre respect.
Mais parce que le RPF est un parti politique dont les méhodes permanentes 
et les objectifs variables ne sont pas ceux du gaullisme
et de la Résistance, 
nous préserverons, surtout maintenant, en face de lui, 
toute notre indépendance et toute notre intégrité.
(..)
Parce que la République n'est à nos yeux vivante 
que dans la mesure où elle devient pleinement sociale
et pleinement familiale, 
soyons, surtout maintenant, à l'intérieur du gouvernement
et de la majorité, 
les défenseurs intraitables des communautés naturelles et des déhérités!
Défense républicaine et justice sociale, mais toujours l'une et l'autre,
et jamais l'une sans l'autre."


(Extraits du discours de Maurice Schumann 
prononcé la première journée du Vè congrès national du MRP,
 publié dans l'aube du 27 mai 1949)

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"La force de la doctrine dont se réclame l'épiscopat français procède,
avant tout, 
de ce qu'elle évite la faute majeure qui consiste à mettre les réalités économiques 
en opposition avec la justice sociale. (..)

La formule des deux blocs est aussi détestable sur le plan social
que sur le plan politique.
(..) Osera t'on, comme de coutume, censurer les cardinaux
et archevêques de France 
parce qu'ils ont eu la témérité de rappeler que léser la justice sociale, 
c'est ouvrir la route à la violence?"


(Extraits de l'éditorial "Un péril: l'épuisement des travailleurs", 
paru dans l'aube du 17 mars 1950)
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"Les partis qui n'éprouvent jamais un malaise, ce sont ceux qui, 
ou bien sont, ou bien veulent être un parti unique.
Mais les gens dont nous sommes, qui veulent convaincre
et non pas contraindre,
qui savent que le plus sûr moyen de faire le malheur d'autrui est  
de prétendre faire son bonheur malgré lui,
ceux qui savent qu'il n'y a pas de vrai démocratie
sans une forte dose
de patience et de confiance
et qu'il n'y a pas non plus de bon démocrate
sans une soif impatiente de la justice,
ceux-là oui, à chaque moment de leur vie (..), 
ils éprouvent un salutaire et nécessaire malaise."


(Extraits du discours de Maurice Schumann au VI è congrès national du MRP,
publié dans l'aube du 19 mai 1950)
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"Je suis en désaccord avec le général de Gaulle
lorsqu'il parle comme un chef de parti.
Mais je suis en accord avec le général de Gaulle
lorsqu'il parle comme autrefois.
Dans une phrase de sa déclaration d'avant-hier, je retrouve
la résonance de l'appel du Dix-huit Juin:
"Quand on a l'âme et le corps solides, on peut supporter des revers.
Mais on ne saurait y souscrire sous peine d'être entraîné
par la chaîne des abandons."
(..) La Corée n'est pas la Tchécoslovaquie,
la Chine de Mao Tsé Toung n'est pas l'Allemagne d'Hitler
et l'ONU n'est pas la SDN.
Mais en 1950 comme en 1938, la capitulation ménerait
infailliblement à la guerre, 
et la fermeté demeure la condition même de toute négociation."


(Extraits de l'éditorial "La chaîne des abandons", 
paru dans l'aube du 6 décembre 1950)
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"Le mystère de Noël (..) nous interdit l'inquiétude passive
puisqu'il nous apporte, 
avec la vie qui ne finit point, la rédemption, 
et qu'il la met à la portée de nos âmes et de nos mains.
Mais il nous ordonne l'inquiétude active, ou plutôt agissante,
puisqu'il nous dit que, pour nous, Dieu ne peut rien sans nous.
(..)
Les routes percées par la haine et l'orgueil ne mènent jamais à rien:
les cadavres qui les jonchent finissent par les obstruer.
Quand nous cultivons, en nous et hors de nous, l'amour de la France,
nous n'oublions pas que l'immortalité est promise aux âmes,
et non pas aux nations."

(Extraits de l'éditorial Le Noël sur la route, 
paru dans l'aube des 23/24 décembre 1950)
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"Lorsque le général de Gaulle fonda le R.P.F., 
la conscience de chaque militant du M.R.P. fut déchirée
par un drame intime. 
Il était terriblement douloureux, pour ceux qui avaient été-
dans la Résistance intérieure ou extérieure- les compagnons
de l'homme du Dix-Huit Juin, 
de le voir s'engager sur une route où ils seraient moralement
hors d'état de le suivre. 
Mais, d'autre part, ils n'avaient pas le droit d'abandonner-
quel que dût être le prix 
de leur fidélité-l'héritage qui leur était confié: 
or, que serait devenue la tradition démocratique d'inspiration chrétienne 
sans un corps pour l'incarner, sans une force pour la défendre?


(Début de l'éditorial "La meilleure habileté", 
paru dans l'aube du 15 mars 1951)
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"A travers toutes les luttes renouvelées, toutes les souffrances endurées, tous les sacrifices consentis, deux problèmes se posent, inexorables,solidaires:
l'acceptation ou le refus du totalitarisme;
le refus ou l'acceptation de la justice sociale.
Dans cette perspective, l'effort entrepris pour garantir la liberté de l'enseignement
 prend un relief particulier:
il exprime, à la fois, la répudiation du totalitarisme e
t l'exigence de la justice sociale. 
Il rassemble, en lui seul, les deux combats, trop souvent dissociés,
que la personne humaine doit mener pour sa sauvegarde. 
Loin d'être une survivance des temps révolus,
la liberté de l'enseignement est, par excellence, 
le problème du XX è siècle."

(Extraits de l'éditorial "On finira par nous donner raison", 
paru dans l'aube du 3 avril 1951)
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"Le système électoral qui casse la France en deux blocs artificiels serait, 
demain comme hier,
le mieux fait pour la livrer aux périls suprêmes,
tout en la condamnant à la stagnation."


(Conclusion de l'article" les élections cantonales confirment 
la condamnation du scrutin d'arrondissement", 
paru dans Paris-presse du 29 avril 1955)
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Sous la Vè République...

"Pour les Français qui sont morts en criant:"Vive de Gaulle!",
le gaullisme n'était pas 
l'attachement inconditionnel à un homme que la plupart d'entre eux n'avaient jamais vu, 
mais l'expression parfaite de leur propre liberté. 
Un nom symbolisait pour eux le refus de la servitude
et l'acceptation du sacrifice. 
(..)
L' Appel n'était lancé qu'à des hommes entièrement libres
de n'y pas répondre, 
et qui ne pouvaient être contraints par aucune loi humaine. 
L'essence du gaullisme procède de cette origine.
Le gaullisme est -au sens propre et total d'un terme (..)-
une philosophie de l'engagement.
(..) En 1940, le gaullisme n'était pas seulement la Résistance (..)
 La maxime sur laquelle la France Libre fut édifiée (..)
est la continuité de la présence française dans la guerre. 
Il en résultait nécessairement, d'abord que personne n'avait le droit de ravir à la France sa juste part de la victoire commune, 
ensuite que le premier effet de cette victoire serait, non pas d'imposer au peuple français un régime préfabriqué, mais de lui rendre la parole.
Le souvenir de cette promesse, et de la manière dont elle avait été tenue, aurait dû suffire à convaincre ceux qui nourrissaient, il y a un an,

la crainte ou l'espoir de voir le général de Gaulle reconquérir le pouvoir
par un coup d'Etat."


(Extraits de l'article" Le gaullisme? Le contraire d'une dictature",
 paru dans Paris-presse du 9 juin 1959)
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"L'absence de ressentiment est la meilleure arme de la patience,
l'ouverture d'esprit le plus inexpugnable des refuges,
et la tolérance un chemin qui mène à tout,à la condition d'y rester."


(Conclusion de l'article "Edgar Faure en 1962" paru dans Réalités de février 1962)
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"Je ne suis jamais si heureux que quand j'entends le général de Gaulle
me dire du bien de Pierre Pfilmlin.
La vie publique m'a souvent divisé contre moi-même.
Elle me devient très douce quand elle me permet de concilier
sans effort mes allégeances et mes amitiés."


(Ainsi commence l'article "Pierre Pflimlin:le plus tolérant des hommes têtus", 
paru dans Réalités de mai 1962) 
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"La famille française des démocrates d'inspiration chrétienne est aujourd'hui dispersée.
(..) Il est bon qu'aucun de nous ne cherche à ranimer des cendres. 
Il serait triste que chacun de nous ne cherchât pas à entretenir
la flamme en se retrouvant, 
autour d'un seul et même foyer, avec ceux auxquels Marc [Sangnier] 
a enseigné que 
la politique n'est rien si elle cesse d'être le sacerdoce de notre vie.
Telle est selon moi, la vocation du Sillon catholique
qui a su mériter son beau nom."

(Extraits de l'article "marqués du même signe",
 paru dans l'âme populaire d'avril 1978)
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"Si je devins le premier président national du Mouvement républicain populaire 
après avoir été le porte-parole du général de Gaulle, 
c'était parce qu'il y avait une parenté profonde entre la démocratie d'inspiration chrétienne et le gaullisme: 
en parlant du "levain qui fera lever toute la pâte" ,
Marc Sangnier avait inventé une image qui s'appliquait à l'une comme à l'autre;
les démocrates-chrétiens avaient assuré la continuité
de la présence des catholiques 
dans la famille républicaine,
le Général et les premiers volontaires qui l'entouraient 
la continuité de la présence française dans le camp de la victoire finale.
Ces deux choix essentiels qui ont éclairé ma vie
m'ont pénétré de la même certitude:
celle d'appartenir à une minorité de témoins qui ont conscience
d'être une avant garde
parce qu'ils ont l'avenir pour complice."


(Extraits de l'article "La pensée politique de François Mauriac",
 
paru dans La Revue des deux mondes de novembre 1980)
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"Puisse la régionalisation devenir au moins un instrument
moins imparfait de la lutte 
contre le sous-emploi,
au lieu de rester le champ clos d'un duel permanent entre Paris
et les capitales régionales!
(..)
Il en va de la région comme de l'Europe:
il faut la faire sans défaire la France."


(extraits de l'article "Des élections régionales à la plaie du chômage", 
paru dans La Revue des deux mondes de février 1992) 
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"-Quel est votre mot préféré?
-France.
-Le mot que vous détestez le plus?
-Haine.
-Votre occupation privilégiée?
-Le travail.
-Votre personnage historique favori?
-De Gaulle.
-Vos écrivains préférés?
-Racine, Bergson et Mauriac.
-Quel est le principal trait de votre caractère?
--Le besoin de croire et d'aimer.
(...)
-Votre drogue favorite?
-Le travail.
-Quel est le métier que vous n'aimeriez pas faire?

-Rentier.
-Qu'allez-vous faire ou qu'avez-vous fait de vos vacances?
-Je n'ai jamais pris et ne prendrai jamais de vacances."


(extraits d'un entretien paru dans La Voix du dimanche des 2/3 août 1992)
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"En 1918, la France a gagné la bataille 
avant de perdre une victoire trop chèrement acquise;
en 1945, la France, après une bataille perdue,
a gagné, selon l'expression du général de Gaulle,
une guerre de trente ans."

(Extraits de l'article "Paradoxe sur deux victoires"
 paru dans La Revue des deux mondes de novembre 1995)

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"Le mot Europe [est ] devenu le plus ambigu de la langue diplomatique.
(..)
Le choix doit être fait clairement entre les deux branches
d'une alternative fondamentale:
ou bien une Communauté authentique, c'est à dire protégée (..)
ou bien une Europe qui ne s'élargit que pour abdiquer
et ne s'unit que pour s'offrir.
(..)

L' Europe communautaire est l'antidote du libéralisme mondial
ou n'est rien.
(..)
Robert Schuman ne se lassait pas de redire
que seule la conscience d'un danger commun 
pouvait inciter l'Europe à se construire et les Européens à s'unir.
Aujourd'hui la menace vient d'un mythe qui se transforme en piège:
le libre-échangisme effréné.
Pour l'appeler par son nom, la France n'aura jamais le verbe trop haut."


(Extraits de l'article "L'Europe ou la frénésie libre-échangiste: il faut choisir",
paru dans La Revue des deux mondes de décembre 1995)
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" Quand les Etats abandonnent les prérogatives de leur souveraineté 
au bénéfice d'une institution 
qui n'a ni les moyens, ni la possibilité, ni la volonté de les exercer aujourd'hui à leur place,
ils se condamnent à l'impuissance, donc à l'amertume."


(Extraits de l'article "1996: "Refonfation" ou mort de l'Europe communautaire!" 
paru dans La Revue des deux mondes de février 1996)
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"Les hommes de bonne volonté risquent de se laisser aller  insensiblement  
à passer de la réconciliation au renoncement, 
comme si l'Union [européenne] nécessaire n'était pas
un pacte entre Etats
responsables du destin propre des peuples qu'ils représentent .
(..)
La bureaucratie bruxelloise a réussi un tour de force, 
elle ajoute à une réglementation tatillonne pour ce qui concerne les détails
une indifférence totale, voire un refus systématique pour ce qui concerne
la protection de la Communauté
et surtout des Etats directement menacés contre toutes les formes de la concurrence déloyale.
(..)
Etablir ou rétablir la prééminence du Conseil des ministres est
désormais le premier devoir.
(..)
Le libéralisme échevelé [serait] fatal d'abord à l'Europe sociale
et bientôt à l'Europe tout court."
 

(Extraits de l'article "De la francophonie à l'Union européenne"
 
paru dans La Revue des deux mondes  de mai 1996) 

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"J'aimerais que l'on puisse dire:
il est mort fils d'une patrie
sans rêve de conquête 
et d'une Eglise sans inquisiteurs.
Il est mort  fou de la France 
et catholique romain."

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